Enseignement

Question écrite · QANR5L17QE19052 · déposée le 20 octobre 2026

Posée par Delphine Lingemann (DEM)

En attente de réponse depuis 2 jours

Texte de la question

Mme Delphine Lingemann attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la prise en compte, dans le décompte des « heures perdues », des temps consacrés à la découverte des métiers et à l'orientation des élèves. Elle l'interroge sur la nécessité de distinguer ces temps des autres heures durant lesquelles les élèves ne sont pas en présence d'un enseignant. La réduction des « heures perdues », c'est-à-dire des heures d'enseignement prévues à l'emploi du temps mais non assurées devant les élèves, est devenue un enjeu de pilotage du système éducatif, comme l'a souligné la Cour des comptes dans son rapport de décembre 2025 sur le temps d'enseignement perdu au collège. Cet objectif est légitime lorsqu'il vise les absences non remplacées. Mais le décompte qui en résulte place sur le même plan des situations de nature très différente : une absence subie, une sortie culturelle, un évènement récréatif, une visite d'entreprise, un forum des métiers ou une immersion en milieu professionnel. Or un élève qui participe à un forum professionnel, visite une entreprise ou découvre un chantier, un atelier ou une formation ne perd pas son temps. Il acquiert une connaissance du monde du travail et une capacité à construire son orientation. Cette assimilation est d'autant plus regrettable que la découverte des métiers est une obligation pédagogique. Elle est l'un des piliers du parcours Avenir et se déploie dans tous les collèges depuis la rentrée 2023. Les semaines de l'orientation s'inscrivent dans la même continuité. Si la réduction des « heures perdues » est légitime, elle ne devrait pas conduire à pénaliser les temps consacrés à ces actions. Les enseignants et les chefs d'établissement, soucieux de limiter ces heures, risquent en effet d'arbitrer entre des temps pourtant tous porteurs d'un intérêt pédagogique, comme une sortie culturelle, une visite d'entreprise ou une action d'orientation. Cette mise en concurrence peut décourager les initiatives locales et fragiliser les partenariats noués avec les entreprises. Il ne s'agit pas d'opposer ces temps aux enseignements fondamentaux. Il s'agit de reconnaître qu'ils contribuent à la formation, à l'orientation et à l'insertion des jeunes, au moment où le rapprochement entre l'école et l'entreprise est présenté comme une priorité. Aussi, elle lui demande s'il envisage de distinguer, dans le décompte et le pilotage des heures perdues, les temps consacrés à la découverte des métiers, aux forums professionnels, aux visites d'entreprises et aux actions d'orientation, afin de les reconnaître comme des heures utiles. Elle lui demande enfin quelles mesures il entend prendre pour sécuriser et encourager les initiatives locales d'ouverture des élèves au monde professionnel.

Source : la question sur assemblee-nationale.fr