Transports aériens
Question écrite · QANR5L17QE19160 · déposée le 20 octobre 2026
Posée par Matthieu Marchio (RN)
En attente de réponse depuis 2 jours
Texte de la question
M. Matthieu Marchio attire l'attention de M. le ministre des transports sur les conséquences de l'alourdissement de la fiscalité aérienne pour les aéroports régionaux, les compagnies aériennes et le désenclavement des territoires. Depuis le 1er mars 2025, la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA) a été fortement relevée. Pour un billet en classe économique à destination de la France métropolitaine ou d'un autre pays européen, son montant est passé de 2,63 euros à 7,40 euros par passager. Alors que cette augmentation pèse sur le prix des billets et la compétitivité des dessertes françaises, le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de nouveaux prélèvements susceptibles d'affecter le secteur aéroportuaire, notamment par le relèvement de la taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance et l'augmentation des plafonds de la taxe de sûreté et de sécurité. Les conséquences sur le réseau aérien régional suscitent déjà de vives inquiétudes. En juillet 2025, Ryanair a annoncé la suppression de 25 lignes et une réduction de 13 % de sa capacité en France pour la saison hivernale 2025-2026, soit environ 750 000 sièges en moins. Plus récemment, Volotea prévoit une réduction de son programme hivernal, avec environ 700 vols annulés au départ ou à destination de Lille-Lesquin entre octobre 2026 et le printemps 2027, ce qui pourrait concerner près de 100 000 passagers. Si ces réductions s'expliquent également par la hausse du prix du carburant et les difficultés propres aux compagnies, elles illustrent la fragilité croissante de l'offre aérienne régionale dans un contexte de multiplication des coûts. Ces évolutions menacent l'accessibilité des territoires, l'activité touristique, les entreprises locales et les emplois qui dépendent des liaisons aériennes. Les aéroports régionaux ne peuvent être considérés comme de simples infrastructures secondaires : ils contribuent à l'attractivité économique des territoires et offrent une solution de mobilité complémentaire au train et à la route, particulièrement lorsque les liaisons terrestres sont longues ou insuffisantes. Dans un contexte de tensions énergétiques et de hausse des charges, l'accumulation des prélèvements risque d'accentuer les arbitrages des compagnies en faveur des marchés les plus rentables, au détriment des dessertes régionales. En conséquence, il lui demande si le Gouvernement entend réaliser une évaluation territorialisée des effets cumulés de la fiscalité aérienne et de l'augmentation des coûts d'exploitation sur les dessertes régionales, notamment à Lille-Lesquin, et quelles mesures concrètes il envisage pour préserver les liaisons aériennes les plus fragiles. Il souhaite également savoir si le Gouvernement entend réexaminer les nouvelles dispositions fiscales susceptibles d'affecter la compétitivité des aéroports régionaux et des compagnies qui les desservent.