Outre-mer
Question écrite · QANR5L17QE19119 · déposée le 20 octobre 2026
Posée par Moerani Frébault (EPR)
En attente de réponse depuis 2 jours
Texte de la question
M. Moerani Frébault interroge M. le ministre de l'intérieur sur la nécessité de renforcer les moyens humains, matériels et opérationnels consacrés à la lutte contre le trafic de méthamphétamine, communément appelée « ice », en Polynésie française. Le développement de ce trafic constitue une préoccupation majeure pour la sécurité et la santé publique du territoire. Au-delà de la consommation et de ses conséquences sanitaires et sociales, les activités liées à l'importation et à la distribution de méthamphétamine favorisent le développement de réseaux criminels, le blanchiment de capitaux et diverses formes de délinquance associée. La situation géographique particulière de la Polynésie française, composée de 118 îles réparties sur cinq archipels et située au cœur d'un vaste espace océanique, impose une réponse adaptée aux contraintes locales. La multiplicité des points d'entrée potentiels, l'importance des flux aériens et maritimes ainsi que la dispersion des îles rendent particulièrement complexes la surveillance, la détection et l'interception des trafics. Si les services de la police nationale, de la gendarmerie nationale et des douanes sont pleinement mobilisés, l'efficacité de leur action dépend de leur capacité à disposer d'effectifs suffisants, d'équipements adaptés et de moyens d'investigation permettant de remonter les filières d'approvisionnement jusqu'à leurs organisateurs et financeurs. La seule multiplication des saisies ou des interpellations ne saurait, en effet, constituer une réponse suffisante. La lutte contre le trafic de méthamphétamine doit également permettre d'identifier les réseaux structurés, de démanteler leurs circuits d'importation et de distribution, de retracer les flux financiers et de saisir les avoirs issus de ces activités criminelles. Une attention particulière doit ainsi être portée au développement des capacités d'investigation spécialisées, notamment en matière de criminalité organisée, d'analyse des communications et des données numériques dans le cadre légal applicable, de renseignement criminel et d'enquêtes patrimoniales et financières. Le renforcement des moyens de contrôle constitue également une nécessité, notamment dans les infrastructures portuaires et aéroportuaires, ainsi que pour les opérations conduites dans les archipels éloignés. L'acquisition d'équipements de détection non intrusive, le développement des capacités cynophiles, l'amélioration des moyens de mobilité et l'accès à des outils techniques adaptés pourraient contribuer à accroître l'efficacité des contrôles et des investigations. Par ailleurs, la coordination entre la direction territoriale de la police nationale, les unités de gendarmerie, les services douaniers et l'autorité judiciaire doit permettre de mieux partager les informations utiles, d'identifier les réseaux communs et d'éviter la dispersion des moyens. Cette coopération doit également s'inscrire dans une approche interministérielle associant les administrations compétentes en matière de lutte contre les stupéfiants, de criminalité financière et de contrôle des flux internationaux. Dans ce contexte, M. le député souhaite connaître les mesures concrètes que le Gouvernement entend engager en 2027 pour renforcer les effectifs spécialisés de la police nationale et de la gendarmerie nationale affectés à la lutte contre les stupéfiants en Polynésie française, notamment dans les domaines de l'investigation judiciaire, du renseignement criminel et des enquêtes financières. Il lui demande également si un renforcement des moyens matériels et technologiques est programmé, particulièrement pour la détection des stupéfiants dans les flux de marchandises et de voyageurs, les investigations numériques et les opérations conduites dans les archipels éloignés et quels financements pourraient être mobilisés à cette fin. Il souhaite par ailleurs savoir si le Gouvernement envisage de développer des formations spécialisées destinées aux enquêteurs affectés en Polynésie française, notamment en matière de démantèlement des réseaux de criminalité organisée, d'identification des circuits de blanchiment et de saisie des avoirs criminels. Il lui demande également quelles améliorations opérationnelles pourraient être apportées à la coordination entre la police, la gendarmerie, les douanes et l'autorité judiciaire, notamment à travers le développement de cellules de renseignement et d'investigation conjointes, la mutualisation des capacités techniques et le renforcement des échanges avec les services nationaux spécialisés. Enfin, il souhaite savoir si le Gouvernement entend définir, en concertation avec les services de l'État présents en Polynésie française, une stratégie pluriannuelle spécifiquement consacrée à la lutte contre le trafic de méthamphétamine, assortie d'objectifs opérationnels, de moyens identifiés et d'indicateurs permettant de mesurer non seulement les saisies réalisées, mais surtout le démantèlement durable des réseaux d'importation et de distribution, sans compromettre la confidentialité des opérations en cours.